Panne de sourires.

Sillons de feu sous les yeux. A l’aéroport, dans le bus, dans la rue, dans le car. Brûlante ; brûlée. Gorge plus que serrée : contorsionnée. Et quand les larmes sont taries, quand il ne me reste plus que la boursouflure d’amour autour des mes paupières, il est l’heure de passer le pas de la porte. Et là ce ne sont plus des larmes ; c’est une averse, une cascade, des trombes d’eau. Vite, vite, faire disparaître les témoins encore chaud de notre amour, remettre les choses à sa place, plier le clic-clac, laver les draps, jeter les restes du petit déjeuner. Enlever tes traces pour que chaque petit détail cesse de me rappeler comme la vie était différente aux aurores, ce matin, sous la couverture de tes yeux bleus, ta joue contre mon épaule. Pour que chaque petite chose cesse de me rappeler combien la vie devient insupportable quand tu n’es plus là.
C’est bête pourtant. Je voudrais parler de ce que l’on est lorsqu’on est ensemble ; nous ne sommes pas que des départs et des séparations. Je voudrais raconter comme ta main sur mon genou diffuse de la chaleur dans tout mon corps, comme tes doigts qui caressent mes cheveux sont les seuls à créer ces délicieux frissons tout le long de mon dos. Je voudrais parler de tes yeux qui me regardent toujours comme si j’avais encore seize ans et de mes joues qui se plissent sous ton regard. Je voudrais hurler comme ta simple présence me gonfle de bonheur, comme j’aimerais rire avec toi sans plus jamais m’arrêter parce que je crois bien qu’il n’y a rien qui compte plus que ça, rien de plus vivifiant, authentique et nécessaire.
Nécessaire.
Tu m’es nécessaire.
Tu traînes ta valise vers les contrôles de sécurité, tu vas disparaître à l’angle et je sais très bien que je vais manquer d’air incessamment sous peu, mais je ne peux rien y faire, et tu ne peux rien y faire non plus.

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2 réflexions sur “Panne de sourires.

  1. Parfois il semble tellement plus facile d’écrire notre douleur ou notre peine qu’on en oublierait combien on est heureux. Mais c’est bien parce qu’on est tellement heureux qu’on peut éprouver pareille peine.

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