Mai.

Il pleut, les oiseaux n’osent même pas chanter, l’hôpital reste l’hôpital : l’odeur indisposante, les ballets des blouses… Les murs soit-disant blancs n’arrivent pas à corriger la noirceur qui s’immisce par tous les interstices, ni à retenir tous ces ciels qui s’écroulent. A priori tout est intact.

Pourtant, il y a une lumière particulière quand je passe la porte 304, et tiens, également derrière la 306, et finalement dans presque chaque chambre que je visite.

Un petit bouquet de clochettes blanches, fragiles et délicates, s’est frayé une place dans un angle de chambre. Minuscule chose qui accapare le regard. Du blanc encore, mais encadré de belles feuilles vertes, si lourdes de vie. Du blanc doux, cotonneux, du blanc véritable et pas faussement vierge d’émotions.

Et la souffrance perdure bien sûr, cette pneumonie, cette fracture, cette arthrose invivable, ces cancers multiples et tenaces, cet homme qui va bientôt mourir, bien sûr, tout cela n’est pas effacé d’un revers de bras, même pas soulagé.

Mais tout me semble tellement plus humain. Tellement plus vivable.
Et ces brins de muguet tour à tour me racontent l’amour qui les a amenés jusqu’ici.

Alors je souris.
Je souris à la 304, je souris à la 306, et je souris dans les couloirs, comme pour semer un peu de ce muguet sur tous les murs.

Bettinael.Passion.Pourquoi offre t-on du Muguet au 1er Mai ?

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