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Toi, tu es un peu mon interrupteur à bonheur. C’est fou tous ces sourires qui fleurissent d’un coup quand je suis avec toi, champ de pâquerettes, rosier sans épines, bam, tu m’envoies illico au creux du plus doux des printemps, pfuit, plus rien ne fait mal. C’est fou, le soleil n’a jamais brillé si fort – pas même la dernière fois que j’étais avec toi. Ta voix, c’est une formule magique. Tes yeux, c’est une caresse. Tes bras, c’est une fusée, c’est un nuage, c’est une planète pour toi et moi. Tes lèvres, tes cils, ton torse, tes doigts.. Tu me rassasies d’amour; des quantités astronomiques transitent de toi à moi, de moi à toi, de toi à moi encore. Ça n’en finit pas, il n’est jamais vidé ton récipient à tendresse, c’est une rivière, c’est un torrent, puissant et intarissable, les cascades du Niagara.

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On rappuie sur l’interrupteur au moment de passer les douanes de l’aéroport. L’avion n’offre pas de sursis. Le temps est écoulé, il faut se décider à se détacher – déchirer nos deux corps fusionnés. Bruit de cristal brisé. Donner le dernier baiser, t’étreindre une dernière fois, et tenter par tous les moyens d’apaiser le feu qui me brûle le cœur, sans pleurer.
J’éponge contre ton pull une larme évadée pour que tu ne la surprennes pas. Je te souris, me retourne, m’éloigne. Et ça y est, la nuit est retombée sur moi. L’hiver pèse sur mes épaules et m’enfonce dans les sous-sols du terminal 2. J’avais encore besoin de lumière, j’avais encore besoin d’hirondelles, j’aurai toujours besoin de toi.
C’est après, dans le secteur duty free, entre les valises à roulettes et les portes d’embarquement, que mon barrage à larmes cède sous la bourrasque du manque. Ça devrait être plus facile après toutes ces années d’entraînement; pourtant c’est tout le contraire. Tout s’évapore, les éclats de rire, les gestes tendres, les mots doux, les matins câlins, tout disparaît, devient inaccessible, lointain.
Et je crois que ce sont toutes ces choses qui coulent contre mes joues, tous nos bonheurs en goutte à goutte intarissable, chutes du Niagara, pour reconstituer notre container à amour.. jusqu’à la prochaine fois.

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