*

 

Il pleut tellement que l’herbe pousse entre deux brins de bitume.
La vie, qui s’infiltre partout, même dans les lieux les plus improbables.
Même dans les interstices et dans les fissures les plus hostiles à la vie,
même dans les cicatrices.
J’ai des sourires de retard, que j’entasse un peu partout, que j’essaie de ne pas laisser filer.
Des sourires dans ma boîte à trésors.
Le faire-part de mariage d’une épistolaire.
Le carton d’invitation à l’anniversaire d’une amitié récemment recousue.
Les e-mails d’E., du bout du monde, qui rentre bientôt, qui projette des retrouvailles et des chocolats chauds.
Les cartes postales que maman continue à m’envoyer régulièrement – même si l’on n’est qu’à cent kilomètres l’une de l’autre et que je rentre souvent et que l’on s’appelle chaque jour – et que j’aligne à la suite de ma jolie collection sur les murs de mon studio. Ces petites enveloppes débordent d’amour gravé à l’encre invisible.
Le billet d’avion pour Lisbonne.
Et surtout celui pour Rome, ce dix juillet, et il y a tant à attendre encore avant de se retrouver, et ça devient presque insupportable, ces années-lumière d’absence, ces années-ombres, mais maintenant, maintenant je peux décompter les jours, maintenant l’attente est définie, inextensible, elle n’est plus en pointillés.
Allégée d’un (gros) partiel, je relève à nouveau la tête, et je me rends compte que la fin est déjà toute proche. Et comme c’est passé vite. Comme le temps a filé. L’été ne sera même pas encore clos quand j’entrerai en troisième année. J’ai l’impression de parler de quelqu’un d’autre, que non, non, il ne peut pas s’agir de moi.

Je croyais que mes rêves étaient trop grands pour moi.

Parapluies

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2 réflexions sur “*

  1. Ca arrive vite et c’est pourtant si long :) A trop regarder l’horizon on oublie parfois tout le chemin que l’on parcours pour l’atteindre. C’est un peu ça la vie, des petits bouts de route vers un objectif ou une simple idée, une simple envie. Sauf que sur les cotés de la route il y a tout ce qui peut aussi faire sourire, rire et apprécier la route.
    Merci à toi de savoir si bien le rappeler, et bon courage pour le petit bout de chemin avant de pouvoir vous retrouver.

  2. Que je te comprends. Parfois quand je prends du recul, j’ai l’impression que c’est ma vie qui coule sur les trottoirs, et que je n’ai rien fait pour en arriver là.
    Que faire quand tout est fini ?

    Je pense bien à toi. <3

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